Soyons dans le « flow »…

 

http://yogae.fr

Depuis que je suis tombée, par hasard, sur cette vidéo, je n’arrête pas de la regarder en boucle. Outre la douce voix de Viola Martinsson, et le message qu’elle véhicule, qui pourrait nous servir de mantra, à nous les filles  :

« You can try but never stop me (tu peux tenter, mais tu ne m’arrêteras jamais)
This is what I’m made of (c’est ce dont je suis faite)
I will never ever let go (je ne lâcherai jamais)
This is what I’m made of (c’est ce dont je suis faite)
No one can control me (personne ne peut me contrôler)
Cause this is what I’m made of (parce que c’est ce dont je suis faite)
You can hit but never break me (tu peux frapper mais jamais tu ne me briseras)
This is what I’m made of « (c’est ce dont je suis faite)

…il y a la beauté du corps et du geste. Il y a Marie…

La représentation incontestable de ce qu’est le « flow ». Ce flux qui rend la séquence si fluide, si majestueuse, si belle. Les postures s’enchainent comme les vagues ondulent, avec pour seule cadence, celle de la musique et du souffle. Et puis peu à peu l’énergie  monte et accompagne la posture, l’intensifie, la ponctue avec justesse, la pose, alignée, dans l’instant présent. Une sorte de chorégraphie, trait-d’union entre le corps et l’âme, faisant circuler la vie. Instant de grâce, où le cerveau cesse d’émettre, pour se concentrer sur l’équilibre, la perfection.

Cette notion de « flow » n’avait jusqu’à maintenant, à mes yeux, qu’une signification empirique, j’ignorais totalement qu’elle avait aussi un fondement scientifique en psychologie, où elle désigne un état d’immersion dans l’action de manière optimale. On ne fait plus qu’un avec l’action elle-même, sans plus penser, sans plus réfléchir, en totale cohérence avec son corps et son souffle, animé par cette énergie quasi-instinctive, quasi-primitive, quasi-animale, qui nous happe, nous absorbe, nous englouti dans les abysses du bien être. Une sorte d’instant de grâce qui suspend le temps, les émotions négatives, la peine, la colère, la douleur..

Ce concept, élaboré par le psychologue  hongrois Mihály Csíkszentmihályi, a été largement repris dans de nombreux domaines, du sport à la spiritualité en passant par les activités aussi diverses que variées telles que lecture, musique, arts créatifs, bricolage…

Dans son livre, l’auteur nous apprend que « pour atteindre le bonheur, il est important de multiplier les expériences optimales de manière à recréer et préserver son équilibre mental. » Il souligne également « l’importance d’avoir un fil conducteur à ces multiples expériences optimales pour éviter la désorientation et donner réellement un sens à sa vie. »

http://livre.fnac.com/a1476861/Mihaly-Csikszentmihalyi-Vivre

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N’avez-vous jamais vécu ces minutes folles, de plaisir et bonheur mélés, où l’on a l’impression de sortir de soi-même, quitter son corps, pour n’être qu’âme, concentrée sur le geste, le mot, le son…Personnellement il m’arrive de ressentir ces minutes bleues lorsque j’exécute certaines postures de yoga, lorsque je visualise cette vague alimentée par mon souffle,  qui traverse mon corps de l’intérieur pour le nettoyer, le dépolluer de ses ressentis, de ses peurs, de ses pensées négatives…Mais aussi, lorsque, les semences pénètrent le bois, au rythme du métronome, à l’atelier de tapisserie d’Hélène, où les heures sont des secondes, où seule compte la précision du geste, le tomber de l’étoffe, le toucher des outils, l’énergie positive de nous toutes, mélange de bienveillance et gratitude…

Atteindre le « flow » c’est « être dans la zone » c’est chaque fois que l’on ressent cette douce chaleur qui nous envahit, absorbés par une activité qui nous captive,  qui mobilise toute notre concentration, pendant laquelle on met notre vécu entre parenthèses, plus rien n’a d’importance que l’ardeur extrême mise dans la perfection du geste.

Le paradoxe  c’est que bien que le « le flow » soit un état de contrôle, il est aussi vécu comme un état second, une sorte de perte de conscience de soi, les sportifs sont unanimes pour dire que ce n’est pas un état dans lequel on peut se mettre, mais plutôt un état que l’on trouve, une sorte de graal divin qui nous tombe dessus, et que l’on déguste. En pratiquant le yoga, il n’ est pas rare  de parvenir à cet état d’hyper-concentration, vectorisé par la respiration et les techniques de visualisation, nous menant à cette connection intime et bienfaisante.

C’est un état totalement centré sur la motivation, un voyage intérieur, qui représente peut-être l’expérience suprême, en employant les émotions au service de la performance et de l’apprentissage. Dans le « flow », les émotions ne sont pas seulement contenues et canalisées, mais elles sont rendues positives, stimulantes, et en coordination avec la tâche accomplie, elles font monter en nous un sentiment de joie, d’extase.

Et du « flow » au bonheur il n’y a qu’un pas, Mihály Csíkszentmihályi, l’a prouvé, il s’est rendu compte que les gens heureux n’étaient généralement pas au bord d’une piscine  sirotant un cocktail, mais bien en train d’effectuer une activité qu’ils appréciaient.

Alors les filles, déroulez vos tapis, sortez vos aiguilles à tricoter, à vos perceuses, à vos marteaux, dégustez un moment de lecture, écoutez des chants tibétains, chaussez vos baskets et parcourez des kilomètres sur une plage déserte… soyez heureuses et avancez dans le flow…

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