Un foie gras végétal pour la St Sylvestre.

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Noël n’est plus qu’un joli souvenir…

Les paquets sont ouverts, et les grandes tables débarrassées.

Une page se tourne.

La fébrilité de l’attente, la frénésie des achats et la joie de ces moments de partage en famille laisse place à un vide difficile à combler…

Après avoir surfé des semaines entières sur la voie du consumérisme en quête du cadeau parfait, il nous faut maintenant rechercher la meilleure façon de repenser notre vie, l’adapter, en y glissant des petits tuteurs par ci, par là, pour l’affranchir des influences extérieures, des peurs récurrentes des routines indésirables.

Ouvrir les écluses et laisser le flot des bons voeux se déverser, souhaiter le meilleur pour ceux que l’on aime, et y croire très fort.

Recadrer.

Accueillir projets et changements, faire la chasse aux schémas de pensée qui nous polluent malgré nous.

Laisser se profiler l’ouverture, à coup de bonne volonté, d’engagement, de résolutions…

Prendre de bonnes résolutions c’est aussi s’arrêter pour sentir palpiter le pouls de son espace intérieur, de ses aspirations, ses objectifs, ses rêves.

C’est l’occasion de se témoigner de la gratitude pour tout ce qui a été accompli durant ces douze derniers mois, et de l’auto bienveillance pour la face Nord qu’il reste encore à escalader…

Accepter les défis, ceux qui nous propulsent hors de notre zone de confort, mais ne pas voir trop grand, trop loin, trop haut au risque de se perdre ou d’abandonner les rames de l’embarcation laissant le courant de nos habitudes passées nous emporter à nouveau dans son flot.

Et puis pour les plus téméraires, ne prendre aucun engagement, si ce n’est celui de confier au hasard le soin de faire fleurir spontanément l’intuition sous chacun de ses choix.

Libres d’avancer avec pour seul défi celui de vivre pleinement sa vie sans jamais perdre de vue ses idéaux.

Et si cela commençait tout de suite?

Peut-être que cette année le réveillon pourrait se vivre autrement, plus légèrement, sur la pointe des pieds, en bousculant quelque peu les codes et en remplaçant le traditionnel foie gras par une alternative plus green?

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Venez tenter l’expérience…

Ce qu’il me faut :

  • 100 g de beurre de cacao
  • 100 g d’échalotes
  • 60 g de champignons de Paris
  • 60 g de noix de cajou
  • 240 g de purée de châtaigne
  • 1 c. à soupe d’armagnac
  • 15 g de levure maltée
  • poivre sel
  • 1 c. à café de cannelle
  • 1 c. à café de coriandre moulue

 

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C’est parti !

Faire tremper les noix de cajou dans de l’eau.

Au bain-marie, faire fondre le beurre de cacao.
Emincer les échalotes, puis les faire revenir dans un peu d’huile d’olive, ajouter les champignons lavés, et émincés.
Mixer ensuite les noix de cajou égouttées, la purée de châtaigne, l’armagnac, la levure maltée, les épices, le sel, le poivre moulu, les échalotes et champignons.

Verser le beurre de cacao tiède en plusieurs fois, tout en mixant afin d’obtenir un mélange lisse et homogène.
Verser le mélange dans un bocal et oublier au frais.

Pour le « gras » :

  • 20 g de beurre de cacao
  • 1 pincée de sel
  • 1 pointe de curcuma

Faire fondre le beurre de cacao et ajouter le sel et le curcuma, mélanger et verser sur le foie gras.
Oublier au frais pour quelques heures.

A déguster sans modération accompagné de figues sèches et de noisettes concassées.

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Happy 2019 !

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Bûche passionnément coco, coeur de mangue et éclats de pistaches..

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En ces veilles de fêtes où chacun est occupé à respecter scrupuleusement une « to do list » longue comme la distance qui le sépare chaque jour un peu plus lui-même, il règne une ambiance  de stress et d’urgence, qui au lieu de nous mettre en joie, assombri notre l’horizon.

Et à mesure que les journées se déroulent, on avance à pas de coccinelle, en y laissant notre bonne humeur et notre calme.

Mais à quoi serviront tous ces apparats, ce faste, ces joyaux, si à l’intérieur de nous plus rien ne palpite, ne pétille, ne vit?

La magie de Noël est une émotion, un ressenti, à partager, et non un concept marketing, une frénésie consumériste, un tourbillon, une course marathon contre la montre…

Noël se vit, se respire, autour du poêle, dans les effluves de clémentines et de cannelle, dans la cuisine, lorsque la buée habille les vitre de paillettes, dans les yeux des enfants,  dans leurs petites mains fébriles qui découpent des étoiles et des sapins à l’emporte pièce pour en faire de tendres présents…

Mais Noël c’est aussi savoir accepter.

Accepter que nos désirs ne soient pas satisfaits, que tout ne se passe pas comme on l’aurait souhaité, accepter le manque de ceux que l’on aime, leur absence autour de la table et parvenir à se réjouir de leur bonheur ailleurs, sous d’autres cieux.

Accepter les circonstances et composer avec  des vents contraires qui font parfois voler en éclat les liens du sang, accepter que  famille ne rime pas toujours avec harmonie en dépassant les rancunes.

Accueillir les émotions même celles que l’on voudrait enfouies sous une avalanche…

Anticiper les mots qui blessent, ceux dont on sait pertinemment qu’ils produiront des implications, des querelles, des tensions….

Ces graines de rancoeur prêtes à germer à la première pluie de reproches, de jugement.

Décontaminer de leur venin, en couchant sur du papier toutes ces situations qui nous font obstacle, toutes ces appréhensions, ces comparaisons toxiques, ces imprégnations, pour les pulvériser, les atomiser, les rendre minuscules, inoffensives, et peu à peu les sentir s’évanouir, comme la flamme sur laquelle on souffle…

Focaliser toute son attention sur ces petites choses, ces petits riens, qui font pourtant notre tout, ces petits grains de sable cachés sous la dune, que nos émotions nous empêchent parfois de distinguer et qui sont pourtant l’écrin de nos véritables joyaux.

Nous nous engageons souvent dans de folles poursuites, des combats qui nous laissent exsangues pour conquérir, posséder, assouvissant des besoins qui, fatalement engendreront d’autres manques, allant parfois chercher très loin, ce qu’un sourire ou une main tendue, auraient suffit à apaiser.

« Désires tout ce que tu as, et tu as tout ce que tu désires «  (Yoga Sutras Patanjali Chap II.42)

En Sanskrit, la langue sacrée de l’Inde ancienne, il existe un terme qui désigne la satisfaction, le contentement, c’est samtosha.

Le plus beau cadeau que l’on puisse donner et recevoir car ce n’est pas juste s’accommoder ponctuellement de quelque chose, non, c’est beaucoup plus vaste, c’est se sentir apaisé, nourri, satisfait, en paix avec soi-même, ne plus éprouver aucun manque, aucune frustration, conscient que tout est là, à l’intérieur de soi..

Et pour que la veillée de Noël soit douce et lumineuse, ajoutons-y un petit dessert, simple mais raffiné, léger comme un flocon de neige, généreux en saveur et en onctuosité.

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Ce qu’il me faut :

Pour le coeur de mangue

  • 300 g de mangues
  • 2 g d’agar-agar

 Pour la crème crazy coco mangue :

  • 4 g d’agar-agar
  • 20 cl de lait de coco
  • 300 g de yaourt de coco nature
  • 100 g de sucre de coco (ou de sucre complet)
  • 50 g de pistaches concassées

Pour la base :

  • 100 g de chocolat blanc
  • 40 g de riz soufflé

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C’est parti !

  • Je commence par réaliser le coeur de mangue en mixant les mangues avec 2 g d’agar-agar, avant de porter le tout à ébullition dans une casserole pendant 2 min.
  • Puis je verse la préparation dans un moule à insert et le place au congélateur.
  • Je réalise ensuite la crème en mélangeant le yaourt avec le sucre.
  • Dans une petite casserole je verse le lait de coco et j’ajoute les 4 g d’agar-agar, je porte à ébullition 2 minutes et mélange ensuite cela à la crème de coco.
  • Dans un moule à bûche que vous aurez préalablement revêtu de film alimentaire, versez une partie de la crème de coco, puis démoulez le coeur coulant mangue et déposez-le sur le premier étage de crème coco.
  • Ajoutez ensuite une couche de pistaches concassées, pour l’effet crunchy et terminez par une autre couche de crème coco.
  • Si vous n’avez pas de moule à insert, il suffit de verser la première couche de crème  coco, et de la laisser prendre un petit moment au frais avant de poser le coeur de mangue, pour éviter que tout ne se mélange.
  • Placer le tout au congélateur, le temps de préparer la base de la bûche en faisant fondre à bain marie le chocolat, ajoutez le riz soufflé, puis le versez sur un moule rectangulaire chemisé et laissez prendre au frais.
  • Il ne reste plus qu’à découper la base aux bonnes dimensions et la poser sur le dessus de la bûche pour la « refermer ».
  • Au moment de servir démoulez la bûche et décorez-là en laissant s’exprimer votre imagination, poudre de coco, chips de coco, fruits secs…

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Pour une version encore plus légère, il est possible de zaper la base et de ne conserver que l’essentiel, à vous de voir, en fonction de vos envies, et de tous les mets qui auront précédé votre dessert 😉

La bûche se porte tout à fait bien, même sans la base chocolat blanc.

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Tout est prêt, ouvrez votre coeur et célébrez Noël dans la joie…

Fricassée de cèpes, sur dahl de lentilles corail…

 

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Connaissez-vous ces étranges petits êtres vivants, qui n’appartiennent ni au règne végétal ni à celui animal, nés d’un baiser de soleil posé le long d’un sous bois humide et chaud?

Ils élisent domicile au pied d’un châtaignier, d’un chêne ou d’un hêtre, et s’installent sporadiquement avant les premières gelées pour s’imprégner de la sagesse de ces grands philosophes séculaires et vivre en symbiose avec leurs racines.

Ce règne à part, c’est celui des champignons.

Ces petits lutins ventripotents et bien chapeautés n’ont pas leur pareil pour titiller tous nos sens, déchainer passions et convoitise, appétit, envie, avidité, curiosité.

Leur pousse très rapide, résulte, d’après les scientifiques, d’un phénomène de fermentation, suite à une hydrométrie, une température et un ensoleillement adéquats, mais la réalité est sûrement toute autre, plus fascinante, mystérieuse, fantasmagorique.

Un miracle elfique vieux comme le monde, qui, pourtant, ne manque pas de nous émouvoir à chaque fois, de nous captiver.

Et c’est ainsi que peu avant l’hiver, lorsque les arbres pleurent leurs feuilles, que la terre ivre des dernières pluies d’automne offre ses sous-bois dorés et odorants aux timides rayons du soleil, que la lune y ajoute fraîcheur et mystère, qu’éclosent des milliers de petites créatures caméléon, rusées, joueuses et joyeuses.

Sourdes à nos appels, elles savent cependant se faire entendre et nous montrer le chemin au moyen d’un  lexique non verbal, fait de codes, signes, usages, légendes et chants d’oiseaux.

D’autres fois, elle se plaisent à volontairement brouiller les pistes, se confondant alors à des parterres brodés d’or, des dentelles de fougères, ou à de précieux camées de glands.

Elle nous obligent à nous engager d’avantage.

Avancer.

Revenir sur nos pas, au risque de nous perdre…

Leurs messages secrets ne sont audibles que par l’initié.

Celui qui, avec ses yeux et son coeur  sait reconnaître un trésor d’un leurre, un cèpe d’une amanite, une vie, un coeur qui bât, sous un tapis de feuilles mortes, celui qui s’émeut, s’émerveille du vrai, du pur, en totale communion avec cette nature, féconde et généreuse.

Et subitement lorsque tout est en harmonie, à sa place, et que l’on se retrouve en situation d’adhésion face à la vie, nait alors un sentiment merveilleux de joie de plénitude qui efface le temps, stabilise la conscience et nous fait sentir vivant.

Enfin.

La même émotion jaillit lorsque d’un geste franc le couteau coupe la base du pied, et que le bolet céde, quitte la terre nourricière pour abandonner sa rondeur, ses courbes régulières et généreuses, ses effluves forestières dans nos mains reconnaissantes.

Autrement dit, c’est lorsqu’on lâche enfin le contrôle, lorsqu’on accepte la vie dans ce qu’elle a de plus imprévisible, de plus sublime, de plus simple, que surgit  le vrai, l’indicible.

« Quand le désir de prendre disparaît, les joyaux apparaissent » (Yoga Sutras Patanjali Chap II-37).

Et à mesure que l’on avance, respectueux des profondeurs boisées, les trésors se révèlent.

Des colonies de champignons s’offrent à nos yeux émerveillés, remplissant nos paniers aussi vite que nos coeurs, d’une belle énergie vitale.

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Le cèpe ne peut être semé, arrosé, cultivé.

Il est farouche, indomptable, libre.

Tout comme ces petits bonheurs, ces heures bleues, ces cadeaux de la vie, qui nous tombent dessus à l’improviste.

Retenir son souffle pour habiter l’instant, s’agenouiller pour exprimer sa gratitude, cueillir et savourer.

Apprécier pleinement, ces joyeuses minutes en suspension, où nos pieds ne touchaient  plus le sol.

Tout comme cette recette née d’un retour de promenade en forêt, au petit matin, et d’un rêve éveillé d’évasion de l’autre côté du Gange…

Rencontre improbable entre deux continents, deux cultures, deux traditions pour un instant de réconfort universel, savoureux et coloré.

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Le dahl à base de lentilles corail, et d’épices est un véritable cadeau.

Préparé rapidement il ne renferme que des ingrédients bienfaisants pour le corps qu’il nourrit et l’esprit qu’il apaise.

Et en tête de liste se trouve le ghee, ce beurre clarifié, composant phare de la gastronomie indienne et de la cuisine ayurvédique, issu d’un beurre classique duquel on a éliminé l’eau, le lactose et les protéines, véritable aliment noble, quasi sacré.

Pourquoi on va l’adorer ?

  • Tout d’abord, contrairement au beurre, le ghee ne s’oxyde pas.

En effet, le processus de clarification du beurre permet de ne garder qu’une partie de ses composants, ceux-ci ayant la particularité de se conserver bien plus longtemps qu’un beurre classique, même à température ambiante.

  • Il résiste aux cuissons même à haute température.
  • Il est dépourvu de lactose, le beurre ayant été clarifié, il ne contient plus de protéines de lait.

En ayurveda, le ghee est estimé pour ses vertus régénérantes, nutritives et nettoyantes. Rééquilibrant, il facilite le processus digestif. Riche en antioxydants phénoliques, il est également recommandé pour éliminer les toxines et renforcer le système immunitaire.

Le ghee contribue également à l’amélioration de la mémoire, apporte l’élasticité à la peau, nourrit le système osseux et les tissus nerveux, améliore considérablement le sommeil, produit des effets rajeunissants car il provoque la régénération intensive des nouvelles cellules et des tissus.

Bref sa pureté, sa luminosité, sa légèreté et sa transparence font de lui un aliment en or.

Ne vous fiez pas aux apparences, bien qu’entièrement veggie, ce plat n’est pas dépourvu de proteines.

En effet, l’association légumineuse (lentilles) céréales (riz complet) permet l’absorption d’acides aminés de qualités.

Les céréales ne contiennent pas tous les acides aminés essentiels, les légumineuses non plus : les premières manquent de lysine, les secondes de méthionine. Chacune possède,  celle qui manque à l’autre.

La solution : les associer dans un même repas 😉

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Ce qu’il me faut pour 4 personnes :

  • 200 g de lentilles corail
  • 100 g de riz basmati complet
  • 1/4 de potimarron détaillé en petits cubes
  • 10 cl de crème de coco
  • 1 cs de ghee (beurre clarifié)
  • 1 oignon
  • 1 poignée d’épinards en branches
  • 1 gousse d’ail
  • 2 cm de gingembre frais
  • quelques feuilles de coriandre fraiche
  • 1 cs de graines de fenouil
  • 3 gousses de cardamome
  • 1 cc de curry
  • 1 cc de curcuma
  • Une pointe de Piment (facultatif)
  • 1 cs de coco en poudre
  • 2 ou 3 cèpes
  • 1 poignée de noix de cajou
  • sel

C’est parti !

  • Je commence par rincer les lentilles, et le riz et les laisse tremper 1 h puis une fois égoutés je fais cuire le riz dans deux fois son volume d’eau.

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  • Dans une cocotte, je fais revenir l’oignon émincé dans le ghee, puis j’ajoute les épices, le gingembre, l’ail, les graines de cardamome débarrassées de leur coque, les dés de courge et les lentilles.
  • Je remue bien et verse de l’eau jusqu’à couvrir le mélange.
  • Porter à ébullition et faire cuire une quinzaine de minutes environ
  • Ajouter en fin de cuisson les épinards frais, la crème de coco et laisser mijoter encore 2 minutes.

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  • Pendant ce temps, je fais cuire les cèpes brossés, et coupés grossièrement, dans une poêle huilée, après avoir pressé une gousse d’ail.

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  • Une fois que les champignons sont bien dorés, il ne me reste plus qu’à dresser l’assiette ou le bol, au choix, en incorporant le riz au  dahl ou en le présentant séparément.

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  • Quelques feuilles de coriandre, une pincée de noix de coco râpée, et quelques noix de cajou, et c’est prêt !

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Voici de quoi vous entraîner à repérer un petit bonheur lorsqu’il se présente  😉

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La texture gourmande des cèpes apporte profondeur, élégance et originalité à ce dahl…

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Et si vous ne trouvez pas de champignons des bois, vous pourrez toujours vous rabattre sur des champignons de Paris, ou des shitakés 😉