Velouté de printemps, petits pois, menthe et crème de cacahuète…

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Le Printemps, on le souhaitait doux et lumineux, parfumé aux fleurs d’amandiers, joyeux et sensuel comme une coulée de miel…

On rêvait qu’il nous effleure de ses belles promesses ensoleillées, nous donne rendez-vous au jardin pour de grandes tablées…

On attendait ses bouquets de tulipes, ses fraises, ses siestes improvisées sur des tapis d’herbes folles…

Et puis voilà, depuis qu’il s’est installé, il a fait d’Avril le copié-collé de Novembre, interdit aux oiseaux de chanter, favorisant les pulsations tristes et régulières de la pluie sur les volets.

Grisaille et vent rythment nos journées, et que dire de ces températures hivernales, qui portent à  croire que l’on s’est trompés d’étage…

Robes à fleurs, blouses légères et nus-pieds, s’abstenir !

Pour l’instant les seules couleurs que nous offre l’imposteur, ce sont celles des cartes de vigilance météorologiques, allant de l’orange au rouge.

Mais que s’est-il donc passé? Sommes-nous coupables d’avoir trop espéré?

Ne pas obtenir ce que l’on attend nous pousse irrémédiablement à réajuster nos aspirations, et cela déborde le cadre même d’une météo capricieuse ou d’une saison qui se fait trop attendre…

Lorsque nous mettons tout notre coeur à désirer, souhaiter, espérer et que nos petits souliers, pourtant soigneusement rangés à côté de la cheminée restent désespérément  vides, on a le droit d’être déçus, non?

La déception ne survient que faute d’avoir déjà escompté ou trop aimé.

Elle est comme un plongeon en eau glacée, une chute vertigineuse du haut d’un building, une prise de conscience de la dure réalité face à d’impossibles attentes.

Alors que faire ? Modérer ses désirs, voire les geler?

Non, car rien ne justifie que l’on s’interdise d’espérer, de rêver, d’aimer.

La solution s’orienterait peut-être du côté d’un meilleur usage de la déception en  évitant l’effet « double peine ».

Certes la météo a décidé de nous jouer des tours, mais passer son temps à le déplorer n’y changera rien, alors pourquoi ne pas tenter de trouver des effets positifs à cet état de fait?

Les frimas ont décidé de s’attarder, et bien soit, acceptons-les, et offrons-nous une dernière petite soupe réconfortante, lovées dans une grosse maille …

Trouver le confort dans l’inconfort et s’y installer, confortablement, profondément, joyeusement, c’est peut-être ça la clef…

Et puis si jamais le soleil décidait d’ouvrir enfin ses volets, nous pourrions toujours transformer ce doux potage, en un velouté d’été, dynamisant et très très frais 😉

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La star du jour c’est, lui, le petit pois, qui renferme moins de calories et de gras que la plupart des autres sources de protéines. Avec ses 134 calories par tasse et sa richesse en fibres, c’est l’aliment « pro-bikini » par excellence, permettant de combler l’appétit et de prolonger durablement l’effet  satiété.

Sans parler de toutes les vitamines qu’il contient, jugez plutôt :

  • provitamines A et vitamine K
  • vitamine E
  • vitamine A
  • vitamines du groupe B
  • et un peu de vitamine C.

Il apporte aussi de petites quantités de lutéine et de zéaxanthine, deux composés antioxydants de la famille des caroténoïdes, jouant un rôle protecteur sur la santé.

Ce joli petit légume contient aussi beaucoup de minéraux :

  • potassium
  • phosphore
  • magnésium
  • calcium
  • fer

Ainsi que de bonnes quantités d’oligo-éléments :

  • zinc
  • cuivre
  • manganèse
  • sélénium
  • fluor…

 

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Vous l’aurez compris, le petit pois il a tout bon 😉

Ce qu’il me faut pour 4 bols :

  • 1kg de petits pois frais
  • 1 bouillon de légumes
  • 2 oignons nouveaux
  • 1 petite courgette
  • 2 cm de gingembre frais et râpé
  • 1 belle cs de purée de cacahuète
  • quelques feuilles de menthe fraîche

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C’est parti :

  • je commence par écosser les petits pois, en musique, c’est plus fun et ça ira plus vite 😉
  • puis je les mets dans une casserole contenant les oignons pelés et émincés, la courgette en rondelles, le gingembre râpé, le bouillon et 1l d’eau environ.

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  • je laisse cuire à peu prés 20 minutes puis j’ajoute la purée de cacahuète, et les feuilles de menthe, et mixe en retirant plus ou moins d’eau en fonction de la consistance souhaitée.
  • Je passe ensuite le tout au tamis pour supprimer les petites peaux désagréables et obtenir un fini velours et je verse dans de jolis bols!

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La menthe rafraîchit et réveille les saveurs sucrées du petit pois et des oignons nouveaux, la courgette apporte l’onctuosité, tandis que le gingembre fait vibrer la saveur aigue de la cacahuète.

Et que dire de tout ce vert qui affole notre rétine et nous monte au coeur ?

Soupe fumante au coin du feu, ou velouté frais au jardin, finalement peu importe, car désirer c’est déjà s’offrir une petite part de bonheur, non ?

 

Houmous sur crackers à la pulpe de carottes et graines …

DSC_0002.JPGMême si cela ne se ressent pas comme une évidence, le Printemps s’est invité à nos balcons…Il sort en douceur la nature de son sommeil hivernal, inondant d’ici peu de sa belle robe d’or  champs et jardins, ajoutant de précieuses minutes de lumière à chacune de nos journées, éveillant notre conscience au renouveau.

Crocus, perces neiges, jonquilles, aboliront définitivement les teintes tristes et monochromes de l’hiver et envahiront la toile de jaune soleil.

Il sera alors grand temps pour les hibernants d’ouvrir les volets, pour les abeilles de faire délicieusement vibrer nos oreilles de leurs doux bourdonnements et pour la terre de se débarrasser enfin de son lourd manteau afin de s’offrir, féconde, aux timides rayons du soleil.

Ce renouveau est toujours source d’émerveillement, il nous invite à nous calquer sur le rythme de la nature, allégeant notre corps et notre esprit, fermant la parenthése agitée d’une saison qui nous gêne de trop durer, aspirant désormais à plus de lâcher prise, de fantaisie, d’allégresse, de liberté.

Au fur et à mesure que la nature s’éveille au Printemps, nous nous éveillons à nous même, par effet de miroir…On s’introspecte en prenant conscience de ce qui vit en nous, le fourmillement des pensées, le flot de sentiments, la vibration des énergies.

Pour certains un simple dépoussiérage de leurs  tiroirs émotionnels suffira, pour d’autres, restés trop longtemps sourds au chant des oiseaux intérieurs, un inventaire plus détaillé de ce merveilleux fouillis s’imposera…Et à mesure que la nature fait éclore ses bourgeons, notre paysage intérieur fleurit.

On détoxifie, on vide, on trie, on jette, on libére de l’espace pour ce qui compte vraiment : nous et notre bien-être, la relation que l’on entretien avec les autres.

Car, oui, tout cela n’a de sens que si l’on peut ensuite restituer sans compter cette belle part des anges, cette portion d’humanité…

Entrer en résonance, rechercher le contact, le lien social, confronter nos idées, partager nos rêves, échanger, sentir le flot de la vie nous traverser…

C’est bien ça l’essentiel, non? Et la cuisine sous toutes ses formes est souvent à l’origine d’un moment de convivialité, d’échange et de partage.

Aujourd’hui il est question de houmous, célèbre plat du Moyen-Orient, qui agit très souvent comme un aimant, attirant à lui tant les crudités  que les amis…Si en plus on l’accompagne de crackers délicieux et « healthy », que l’on peut tartiner et faire croustiller sans compter, il n’y aura plus aucun doute sur l’existence du Printemps, du moins dans notre assiette 😉

Pour les crackers à la pulpe de carottes et aux graines :

 

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Ce qu’il me faut :

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  • 100g de carottes râpées ou d’okara ( résidu obtenu après extraction du jus de carottes)
  • 60g de farine (ou poudre) d’amandes ou de noisettes
  • 90g de mélange de graines (lin, sésame, tournesol, courge…)
  • 50g de crème de cajou ou de tahini
  • 2 cc de Tamari ou Shoyu
  • 1 cm de gingembre râpé
  • 1 cc de poudre de graines de fenouil
  • sel, poivre
  • 2 cs d’herbes (coriandre, persil, estragon, ciboulette…)
  • Eau seulement si nécessaire

C’est parti !

L’avantage avec ces petits crackers c’est que l’on n’utilise ni farine ni beurre.

  • Je commence par préchauffer mon four à 130 ° C.
  • Puis je lave les carottes et les râpe sauf si je possède un extracteur et que je viens de me faire un délicieux jus de carottes, au lieu de jeter la pulpe je l’utilise pour réaliser ces crackers,  cela permet de recycler c’est une idée qui me séduit  😉
  • J’incorpore ensuite le reste des ingrédients, farine d’amande (qui est plus fine que la poudre d’amandes, mais vous pouvez utiliser cette dernière si vous n’avez pas de farine),  les graines grossièrement concassées, le tahini, le tamari, les herbes…dans un bol et mélange le tout avec une  spatule.

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  • Le but étant d’obtenir un composé compact et collant. Ajoutez une cuillère à soupe d’eau si besoin.

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  • Lorsque la pâte est ferme et collante, je la place sur une feuille de papier sulfurisé tapissant une plaque de cuisson, puis je recouvre d’une deuxième feuille et roule avec un rouleau à pâtisserie pour l’aplanir  plus facilement.

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  • Je roule jusqu’à ce que la pâte ait une épaisseur de 2 mm environ.

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  • Puis avec une roue à ravioli (ou un couteau) je trace des bandes de manière à obtenir des rectangles prédécoupés, qui une fois cuits pourront se détacher sans casser…

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  • Si vous préférez une option plus rustique, vous pouvez zapper cette étape, et vous briserez la pâte une fois cuite comme bon vous semble;-)
  • Laisser cuire 1/2 heure environ .

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  • On attend que cela refroidisse et on déguste généreusement tartiné de houmous !

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  • Ces petits crackers peuvent se conserver 4-5 jours dans une boîte métallique à condition de ne pas y avoir goûté avant….

Pour les houmous :

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Deux versions, sur les innombrables qui s’offrent à nous, car une fois définie la version de base, on peut laisser aller sa créativité à l’infini…

Ce qu’il me faut pour la recette de base :

  • 1 boîte de pois chiches égouttés
  • 1 cs d’huile d’olive
  • 1 cs de tahini
  • 1 jus de citron
  • 1 gousse d’ail
  • 2 cm de gingembre râpé
  • sel et piment d’espelette

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C’est parti !

Savez-vous que les pois chiches en plus d’être une source incontournable de protéines, de fibres et de nutriments, offrent aussi de la vitamine A, B6, C, E et K, du calcium, du phosphore, du potassium, du zinc, du magnésium, du fer et du sodium?

On aurait tort de s’en priver, d’autant que la réalisation de la recette s’avère vraiment ultra simple et rapide, il suffit d’avoir un bon blender, et d’y verser tous les ingrédients.

N’hésitez pas à ajouter un tout petit peu d’eau si nécessaire.

Moi j’aime bien passer la préparation au tamis, pour la rendre plus soyeuse, surtout si on la travaille à l’assiette, mais ce n’est pas une obligation 😉

Quelques crudités, taillées à l’emporte pièce, des crackers émiettés, et voici une petite entrée élégante, soignée et très printanière…

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Pour la version haricots rouges :

Même job, il suffit de remplacer les pois chiches par des haricots rouges, et le tahini par de la purée de noix de cajou…d’ajouter des épices (cumin, coriandre en poudre…)

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Laissez libre cours à votre imagination…C’est le Printemps !

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On mixe le tout, et après avoir déposé un peu de crème sur le fond d’une assiette, on utilise 2 crackers pour former une sorte de mille feuilles (mais à 2 feuilles uniquement) farci de houmous que l’on dépose délicatement à la poche à douille, quelques crudités autour, et c’est tout !

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Vous pouvez ajouter à votre houmous de pois chiches une petite betterave crue que vous mixerez avec la préparation pour un joli rendu carmin, ou bien inviter deux gros poivrons grillés et épluchés à la recette de base…

Bref, no limit à la création et au plaisir 😉

 

Ma rencontre avec Katy de Fressimouss: la reine de la saponification à froid !

 

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J’ai été contactée un beau matin de mars, par une petite savonnerie des Deux Sèvres, pour une mission un peu particulière : tester un savon liquide.

Le sentir, le palper, examiner sa texture, sa couleur, son conditionnement, passer au crible la formulation de son étiquette, l’onctuosité de sa mousse, sa fragrance, son effet sur la peau, avant, après, pendant, bref, faire une étude sérieuse et approfondie, avec un seul mot d’ordre : OBJECTIVITE.

Les consignes étaient claires, pas de compliments à la pelle, ni de retours artificiellement élogieux, non, juste un ressenti, authentique et honête.

J’acceptai avec joie la mission, impatiente de découvrir le produit.

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48 heures chrono, plus tard, j’étais en possession de la petite merveille, prête à la disséquer sous toutes ses coutures.

C’est sa formulation qui m’a interpelée en premier lieu. Un savon liquide, sans base lavante, sans tensio-actifs, sans conservateurs, ni paraben, sans produits chimiques ni de synthèse, sans colorants…mais avec juste des huiles de coco, tournesol, sésame, ricin, olive et de l’huile essentielle de mandarine verte, toutes issues de l’agriculture biologique beaucoup d’amour, et c’est tout …autant dire qu’un tel produit ne court pas le marché.

Sa composition témoigne d’une volonté délibérément engagée, celle de créer un produit « safe » tant pour la peau que pour l’environnement, car ce savon liquide lave en toute douceur sans agresser l’épiderme mais en plus il ne pollue pas l’eau…

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Fressimouss est une petite entreprise artisanale implantée depuis prés de 4 ans dans un minuscule village du sud des Deux Sèvres…Volonté assumée de redynamiser ces bourgs de charme ou de privilégier la rencontre directe avec le consommateur? Sûrement un peu des deux.
Avec pour point de départ, une gamme exclusive au lait de chèvre cru et bio et de miel, la savonnerie a depuis développé un panel plus étendu avec notamment des savons solides vegan, des cosmétiques, des produits d’entretien pour la maison, et le petit dernier le  fameux savon liquide qui mériterait plutôt l’appellation « d’huile de douche » tant sa texture est gourmande, généreuse et  réconfortante, et son usage une caresse sur la peau…

J’ai voulu savoir qui se cachait derrière cette savonnerie artisanale.

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Une jeune femme extraordinaire, Katy Randriant, Marseillaise de 38 ans, maman de 3 enfants, positive et souriante, naturelle et chaleureuse, drôle, dynamique,  à légère tendance hyperactive 😉

Véritable femme orchestre, Katy est présente sur tous les fronts, quand elle ne crée pas de nouveaux savons ou cosmétiques, elle les fabrique, ou les emballe. Elle réfléchi aux visuels qui sauront les mettre en valeur, accueille avec le sourire les clients à la boutique de l’atelier deux demi-journées par semaine, expédie rapidement les commandes passées via son site (www.fressimouss.com) tout en assumant pleinement la gestion et la comptabilité de son entreprise artisanale.

Elle fait TOUT et le fait bien !

Bref, des journées sans fin, qui loin de l’inquiéter, la stimulent et la rendent encore plus créative!

Le plus beau métier n’est-ce pas de vivre de sa passion ? Et vous allez constater par vous même, passionnée, Katy l’est complètement, c’est sans doute ce qui m’a émue, et m’a donné envie de poser un regard curieux et bienveillant sur son histoire et ses produits.

  • Qui est Katy?

D’origine espagnole, , née à Marseille où elle y a vécu ses 15 premieres années, elle a ensuite habité 15 ans sur la côte d’azur, avant de « s’expatrier » en Deux Sèvres depuis presque 10 ans maintenant.

« Le moteur de ce changement radical ? L’envie d’offrir à mes enfants une meilleurs qualité de vie. »

Des parents commerçants lui ont inculqué très jeune le  goût du travail.

« Les vacances et week end à bosser, j’ai connu. Cela a été très formateur pour la suite car inconsciemment j’ai acquis au fil des années des capacités, des connaissances, une forme d’expérience qui m’ont rendue plus mature. »

Son BTS « assistante de gestion » en poche, elle a travaillé dans des secteurs d’activité, tels que l’industrie, la pharmacie ou l’export.

Ses passions ? Elle s’est longtemps questionnée à ce sujet, car elle n’en a pas vraiment, au même titre que les hobbies ou les loisirs. Son trip, c’est le travail, la création, être stimulée, avoir des idées qui fusent.

On  l’a bien compris, Katy a tous les symptômes d’une « workaholic », faisant de son travail sa véritable passion !

« J’ai hélas peu voyagé, mais les quelques voyages que j’ai pu faire étaient fabuleux et très enrichissants. Je me suis donnée comme objectif 2018 de faire un voyage par an, et cette année, nous partirons tous à Madagascar ! J’ai hâte de découvrir cette ile, berceau des origines familiales de mon mari. »

« Mes lectures ? Rien de très « litteraire », je suis incapable de vous citer les derniers best sellers ou des auteurs en vogue, non! Les titres qui me font vibrer, seraient plutôt «comment faire pour ne pas être débordée ? » ou « trucs et astuces pour bien ranger sa maison » !

Des lectures détentes, amusantes, inspirantes. Toujours dans le theme du bien-être, de la spiritualité ou de la cosmétique naturelle.

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Elle aime la franchise, l’honnêteté, les bons repas, les apéros, la musique très éclectique en fonction de son humeur, les animaux, la nature, la mer et la chaleur !!!

Elle n’aime pas l’hypocrisie, les gens radins et profiteurs, la violence et la maltraitance surtout envers les plus faibles. Pas plus que la foule, les magasins, et acheter à tout va, d’ailleurs il parait que sa garde robe parle toute seule 😉

  • Pourquoi avoir choisi de fabriquer des savons ?

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« A la naissance d’Emy, mon deuxième enfant, j’ai été confrontée à ses violentes réactions face aux produits « conventionnels ». Une peau tellement irritée, qu’elle ne supportait plus rien , et saignait même parfois. Je me suis sentie totalement désemparée et impuissante à la soulager …

J’ignorais à ce moment là, que ce problème récurrent deviendrait le début de mon aventure savonnesque.

En attendant, je suivais scrupuleusement les prescriptions de ma dermatologue, mais les améliorations n’étaient pas flagrantes.

Et puis peu à peu, je me suis mise à éplucher les étiquettes pour comprendre ce que contenaient ces produits qui étaient censés soulager l’épiderme fragilisé de ma fille, et là, quelle ne fût pas ma stupeur lorsque je me suis rendue compte que la formulation était absolument catastrophique! Grand moment de colère et surtout d’incompréhension. Comment un professionnel de la santé pouvait m’orienter sur de tels produits ?

J’ai donc commencé à fabriquer des baumes et crèmes corporels moi-même,  et très vite, j’ai pu constater des améliorations sur la peau d’Emy. »

  • Tu parles de « savons à froid », peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste exactement ?

Le savon à froid est issu d’un procédé de fabrication appelé saponification à froid. La saponification c’est l’action même de transformer des huiles (corps gras) en savon. Contrairement à la saponification à chaud, nous ne faisons pas chauffer nos huiles ; nous faisons juste fondre les beurres solides afin de pouvoir les mélanger aux autres huiles liquides. Ce mélange huileux est mixé à un mélange d’eau et de soude, qui va transformer les huiles en pâte à savon ; la réaction chimique de ce mélange va former la glycérine.

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Donc si j’ai bien tout compris, l’avantage de la saponification à froid c’est de  conserver intactes les propriétés de chaque ingrédients puisque non chauffés, et d’obtenir de véritables savons de soins naturellement riches en glycérine. Ce processus de fabrication en fait un véritable savon haut de gamme de ceux que l’on nomme « surgras », plus hydratant, plus doux et plus nourrissants que tous les autres, et en plus ils sont « propres » d’un point de vue éthique et écologique.

« Tout à fait, et ce procédé donne l’opportunité de réaliser des savons pour chaque type de peau, en fonction des caractéristiques des éléments choisis. La saponification à froid est, pour cette raison, de loin le procédé le plus intéressant . »

  • En quoi l’arrivée de Fressimouss a-elle bousculé ta vie ?

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« Fressimouss n’a pas été au départ un vrai projet professionnel.

Avec comme point de départ, l’intention de soulager les problèmes de peau de ma fille, je découvre au hasard de mes recherches le fameux savon à froid et j’en commande un sur le net, avec du miel pour le côté cicatrisant, sa jolie peau métissée marque facilement et cicatrise mal. Première douche, émerveillement ! 

J’en cherche donc très vite un avec aussi du lait de chèvre réputé soulager les problèmes de peau, et là, je trouve soit l’un soit l’autre, jamais les deux. Autre difficulté, je ne parviens pas à identifier le pourcentage exact de lait, si c’est du vrai lait etc…

Je me dis « quel dommage, je pourrai en faire un extra moi ! » j’habite derriere une chevrerie , et à 5 km d’une apicultrice.

Et puis l’idée revenant sans cesse, je me suis lancé le pari d’essayer, je n’avais rien à perdre, salariée en CDI à temps plein, l’objectif était de me stimuler, c’était excitant et surtout ça répondrait à un besoin bien défini.

J’ai donc suivi le cursus habituel, formation, accompagnement, test, création auto-entreprise, fabrication etc….et au bout d’un an, mon premier savon au lait et au miel est né!

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J’étais tellement fière, la boucle était bouclée.

Sauf que, j’ai basculé peu à peu dans cette activité qui a éveillé ma curiosité et développé une passion naissante.

J’ai fais pendant 3 ans de la résistance, en ne cédant pas totalement à l’appel du savon, et en  conservant mon activité salariée à temps plein, puis à 80%, puis à 40%… Ce n’était jamais assez, et puis un jour, j’ai franchi le pas.

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Créer son entreprise artisanale vous oblige à sortir totalement de votre zone de confort, beaucoup de sacrifices, je m’auto finance totalement en réinvestissant ce que je gagne, je ne bénéficie d’aucune aide, ni subvention, ni crédit. Je fait beaucoup d’heures, travaille 6 jours sur 7, mais je sais au fond de moi que cela finira par payer un jour…

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Je tiens, bien entendu, à remercier mon mari pour soutien moral et financier, sans lui rien n’aurait été possible.

Vivre de sa passion ou du moins essayer d’en vivre, n’est pas une panacée ; il faut être prêt à beaucoup de sacrifices. »

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  • Quelles sont les personnes qui t’inspirent ?

« Oula….Trés bonne question, faudrait que j’y réfléchisse longtemps. Ceux qui me viennent à l’esprit c’est Nelson mandela, pour sa force mentale, Coco Chanel pour son audace et Eléanor d’aquitaine pour la force de son amour pour ses enfants… »

  • As-tu une routine « Healthy » ?

« Je m’y essaie régulièrement mais je ne suis, hélas, pas assidue : Velo elliptique; méditation, tentative culinaire multiple (graines, fruits, céréales …). Par contre je ne loupe pas mon gommage visage, tous les dimanches !

Je me démaquille à l’huile, en ce moment c’est aloe vera, j’utilise l’hydrolat de romarin en tonique « .

http://www.fressimouss.com/cosmetique/68-hydrolat-de-romarin-verbenone-bio.html,

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Pour finir, quelques gouttes d’huile d’avocat sur le visage le soir, et de l’huile de coco pour le corps.

http://www.fressimouss.com/home/92-huile-de-coco-vierge-bio.html?search_query=huile+de+coco&results=26

  • Quelles sont les valeurs que tu défends à travers Fressimouss ?

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« Mon activité est née un peu à l’envers, c’est pour cela que je  n’oublie pas de raisonner toujours en tant que consommatrice. Ce que j’ai en horreur, ce sont les mentions tapageuses sur les produits où l’on vente un actif qui est en fin de liste. Donc, pour mes produits je prône la transparence totale. Je ne prends pas de position sur le vegan ou non, je ne le suis pas mais je respecte ce choix.

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Bio , oui, mais label, non. En tout cas, tant que je pourrai m’en passer, je le ferai. Je pense que le vrai problème c’est que les gens ne comprennent pas toujours les liste INCI (nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques). Le rôle du label est d’ orienter, de rassurer le consommateur, c’est vrai, mais il ne faut pas qu’il devienne  le seul gage de qualité. »

Quand j’écris sur mes étiquettes de savons par exemple, qu’il y a du beurre de karité issu de l’agriculture biologique, vous pouvez me faire confiance ! Est-il vraiment nécessaire de payer un organisme pour accréditer cela ?

Croyez-moi, les démarches réglementaires  avant la mise sur le marché d’un produit sont nombreuses, incontournables, et très coûteuses, je suis passée par là…

Au lieu d’inventer des labels, qui coutent très cher aux petites structures, pourquoi ne pas rendre obligatoire l’etiquetage en francais, en plus de l’INCI ? En tout cas, moi, je le fais déjà. »

Ses savons respectueux de la peau et de la nature ont été remarqués par le label « slow cosmétique », qui les a intégré à leur mouvement créé pour une démarche plus raisonnable et écologique.

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  • Parmi tous tes savons et produits, lequel est ton « chouchou » et pourquoi ?

« Actuellement, j’utilise beaucoup le vegan mandarine pour mes cheveux http://www.fressimouss.com/savons-solides/135-surgras-vegan-romarinargile-verte.html, Ils réagissent très bien, j’ai longtemps cherché un savon-shampoing qui ne me rende pas le cheveu poisseux et visiblement je l’ai trouvé 😉

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  • Un petit truc ou une astuce beauté ?

Mon gommage : sel+huile d’olive

Mon masque : Miel+citron+huile d’olive

Mon démaquillant bi-phasé : hydrolat de romarin + huile de jojoba

Personnellement outre le savon liquide, j’ai souhaité tester d’autres savons comme les vegan à l’huile de sésame, « mandarine verte » et « vanille coco », et j’ai apprécié leur parfum subtil, leur mousse généreuse, et le film soyeux qu’ils déposent sur la peau après le rinçage. Quant au lait-miel, il tient lui aussi ses promesses de douceur, onctuosité, et hydratation. Ce sont d’excellents produits, « propres », avec peu d’ingrédients triés sur le volet.

Un seul bémol : il y a fort à parier que vous développiez une addiction à toute la gamme après les avoir essayés 😉

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Par son talent, son travail et sa volonté Katy veille au développement de sa savonnerie artisanale, tout en défendant des valeurs nobles, et c’est pour cela qu’elle mérite vraiment que l’on s’attarde sur sa petite production…

Vivre son rêve plutôt que de rêver sa vie, c’est sûrement ça la clef du bonheur selon Katy…

 

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